Article 50 Conformité AI Act
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Article 50 — Transparence des contenus

Faut-il signaler les images générées par IA ?

La question revient partout depuis le 2 août 2026, et la plupart des réponses qui circulent sont fausses dans les deux sens : certaines affirment que tout contenu produit avec une IA doit désormais porter une étiquette, d'autres qu'il n'y a rien à faire. Le texte est plus précis que cela — et il ne fait pas peser la même chose sur le fournisseur de l'outil et sur celui qui publie.

Publié le 9 septembre 2026 · état du droit à cette date
Réponse courte

Non, pas toutes — et le marquage technique n'est probablement pas à votre charge. L'article 50 contient deux obligations distinctes sur les contenus générés. Le marquage lisible par machine (§ 2) pèse sur le fournisseur du système de génération : c'est l'éditeur de votre outil, pas vous. L'étiquetage visible (§ 4) pèse sur celui qui diffuse, mais seulement dans deux cas : les hypertrucages, et les textes d'information d'intérêt public non relus par un humain.

Autrement dit : une image d'illustration générée, qui ne représente ni personne réelle ni événement réel, ne relève d'aucune obligation de signalement au titre de l'article 50. Une image truquée montrant une personne existante, si.

Ce que dit le texte

Deux obligations, deux débiteurs différents

C'est la confusion à l'origine de presque tous les contresens que nous lisons. L'article 50 du règlement (UE) 2024/1689 traite le contenu généré à deux endroits, et ces deux endroits ne s'adressent pas aux mêmes personnes.

TexteQui est tenuCe qui est exigéExigible
Art. 50 § 2 Le fournisseur du système de génération Que les sorties du système — image, son, vidéo, texte de synthèse — soient marquées dans un format lisible par machine et détectables comme générées ou manipulées artificiellement. Le texte n'impose aucune technique : il exige un résultat efficace, interopérable et robuste, dans la mesure du techniquement réalisable. 2 août 2026
sursis au 2 déc. 2026 pour les systèmes déjà sur le marché
Art. 50 § 4 Le déployeur qui diffuse le contenu — vous Révéler que le contenu a été généré ou manipulé artificiellement, dans deux cas seulement : les hypertrucages (image, son ou vidéo donnant à croire, à tort, qu'une personne, un lieu ou un événement réel est authentiquement représenté), et les textes publiés pour informer le public sur des questions d'intérêt public lorsqu'ils n'ont pas été relus sous responsabilité éditoriale humaine. 2 août 2026

Sources : règlement (UE) 2024/1689 du 13 juin 2024, article 50 ; règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026, publié au Journal officiel le 24 juillet 2026 et en vigueur depuis le 27 juillet 2026.

La conséquence pratique est contre-intuitive. Si vous utilisez un générateur d'images du marché pour produire un visuel d'ambiance, l'obligation technique du § 2 est celle de l'éditeur du générateur. La vôtre, au titre du § 4, ne se déclenche que si ce visuel fait passer pour authentique quelque chose de réel. Vous n'êtes pas dispensé de vigilance — vous n'êtes simplement pas tenu de ce qu'on vous dit partout que vous devez faire.
Cas par cas

Cinq situations, tranchées

Chaque ligne indique l'obligation au titre de l'article 50 seulement. D'autres règles peuvent s'appliquer par ailleurs — droit à l'image, droit d'auteur, pratiques commerciales — et la section suivante y revient.

Ce que vous publiezArt. 50Pourquoi
Un visuel d'ambiance généré — paysage, texture, illustration abstraite — sur votre site ou votre plaquette Non Aucune personne, aucun lieu et aucun événement réels ne sont représentés : ce n'est pas un hypertrucage. Ce n'est pas non plus un texte d'information. Le § 4 ne s'applique pas.
Une image montrant une personne réelle identifiable dans une situation qu'elle n'a pas vécue Oui C'est la définition même de l'hypertrucage. Le signalement visible est exigible depuis le 2 août 2026, et le droit à l'image s'y ajoute indépendamment de l'AI Act.
Une voix de synthèse imitant une personne existante dans une vidéo ou un message vocal Oui Le § 4 couvre l'audio au même titre que l'image et la vidéo. Une voix clonée reconnaissable relève du même régime.
Un article de votre blog rédigé par IA sur un sujet d'actualité, publié sans relecture Oui Texte publié pour informer le public sur une question d'intérêt public. L'obligation tombe si une personne identifiée relit, valide et assume la responsabilité éditoriale — et si cette relecture peut être documentée.
Une fiche produit ou un texte marketing rédigé par IA, relu par vous Non Ni hypertrucage, ni information d'intérêt public. Votre relecture engage votre responsabilité éditoriale : rien à signaler au titre de l'article 50.

Le cas du chatbot relève d'un autre paragraphe et d'une autre logique : voir mon chatbot doit-il annoncer qu'il est une IA ?

L'angle mort

Non tenu au signalement ne veut pas dire libre de tromper

C'est le point que les articles centrés sur l'AI Act oublient, et celui qui expose réellement une petite entreprise. Prenez la photo d'un produit, entièrement générée, présentée sur votre boutique comme étant le produit livré. Au regard de l'article 50, il n'y a pas d'hypertrucage : aucun objet réel n'est faussement représenté comme authentique, puisque le produit existe.

Mais au regard du droit de la consommation, une représentation qui altère la décision d'achat en donnant une image inexacte de ce qui sera livré est une pratique commerciale trompeuse. C'est un fondement juridique distinct, plus ancien que l'AI Act, et il n'a pas attendu 2026 pour être applicable.

Notre lecture, présentée comme telle
Nous considérons qu'une image générée qui remplace la photographie d'un bien vendu doit être signalée, non parce que l'article 50 l'exige, mais parce que le risque se déplace sur le terrain des pratiques commerciales. C'est une recommandation de prudence, pas une obligation textuelle, et nous la présentons comme telle. Un visuel d'illustration clairement décoratif ne pose pas ce problème.
La date à surveiller

Ce que le 2 décembre 2026 change, et ce qu'il ne change pas

Le règlement (UE) 2026/1744, dit Digital Omnibus sur l'IA, a accordé un sursis d'exactement quatre mois — jusqu'au 2 décembre 2026 — à la seule obligation de marquage lisible par machine du § 2, et uniquement pour les systèmes de génération déjà mis sur le marché avant le 2 août 2026. Rien d'autre n'a été décalé par ce sursis.

Ce qui change au 2 décembre 2026Ce qui ne change pas
Plus aucun système de génération ne bénéficie du délai transitoire du § 2 : le marquage lisible par machine est exigible pour tous, anciens comme nouveaux. Vos obligations de diffuseur, au titre du § 4, sont exigibles depuis le 2 août 2026. Le 2 décembre ne les crée pas et ne les modifie pas.
Les sorties de vos outils habituels porteront des métadonnées ou un filigrane indiquant leur origine artificielle. L'origine IA d'un visuel devient vérifiable par un tiers. Le report du haut risque reste fixé au 2 décembre 2027 pour l'annexe III et au 2 août 2028 pour l'annexe I. Ce sont deux sujets distincts, souvent confondus.

La deuxième ligne mérite d'être lue deux fois, car c'est là que se situe le vrai basculement pour une petite structure. Aujourd'hui, un contenu généré et publié sans mention passe généralement inaperçu. À mesure que le marquage se généralise, il devient détectable par n'importe qui — client, concurrent, journaliste — sans expertise particulière. Nous présentons cette conséquence comme une projection raisonnable de l'état de la technique, non comme une disposition du texte.

La question utile n'est donc plus « suis-je obligé de le dire », mais « qu'est-ce qui apparaîtra si quelqu'un vérifie ». Pour y répondre, il faut savoir quels outils tournent chez vous, depuis quand, et ce qu'ils produisent — c'est précisément l'objet d'un registre des systèmes d'IA. Nous avons aussi dressé la liste des actions réellement dues : que dois-je faire avant le 2 décembre 2026 ?

À ne pas confondre

Trois affirmations fausses qui circulent

Faux
« Tout contenu créé avec l'IA doit être étiqueté »
L'article 50 § 4 ne vise que deux catégories : hypertrucages et textes d'information d'intérêt public non relus. Hors de ces cas, aucune mention n'est imposée par ce texte.
Faux
« Je dois insérer un filigrane dans mes images »
Le marquage lisible par machine est l'obligation du fournisseur du système, au § 2. Un utilisateur qui publie n'en est pas le débiteur — et un filigrane visible ajouté à la main ne satisferait de toute façon pas l'exigence « lisible par machine ».
Faux
« Il faut reprendre tous mes anciens contenus »
Les contenus générés et publiés avant le 2 août 2026 n'ont pas à être étiquetés rétroactivement. Le faire est possible ; ce n'est pas exigé.
En pratique

Quand c'est obligatoire, comment le dire correctement

L'article 50 § 5 fixe les modalités communes à toutes les obligations de l'article : l'information doit être fournie de manière claire et reconnaissable, au plus tard au moment de la première exposition au contenu, et de façon accessible — y compris pour les personnes vulnérables. Trois conséquences concrètes.

01
La mention va sur le contenu, pas dans les conditions générales
Une clause de CGU n'est ni reconnaissable ni contemporaine de la première exposition. Pour une vidéo, la mention est à l'écran ou en description visible ; pour une image, dans sa légende ou son cadre.
02
Une formulation courte, sans jargon, toujours la même
« Image générée par intelligence artificielle » suffit. Le texte n'impose aucune formule ; il impose d'être compris. Un pictogramme européen harmonisé est discuté dans le code de bonne conduite associé à l'article 50, mais il n'a pas de valeur obligatoire à ce jour — n'attendez pas un logo officiel pour vous mettre en règle.
03
L'œuvre artistique ou satirique garde un régime propre
Lorsque le contenu relève d'une œuvre manifestement artistique, créative, satirique ou fictionnelle, l'article 50 § 4 prévoit que la révélation se fasse d'une manière qui n'entrave pas l'affichage ou la jouissance de l'œuvre. La mention reste due, mais elle peut être reportée au générique ou à la légende plutôt qu'incrustée dans l'image.
Le risque financier, sans dramatisation. Un manquement aux obligations de transparence relève de l'article 99 du règlement : jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial annuel. Le règlement prévoit toutefois que pour les PME, y compris les start-ups, c'est le montant le plus faible des deux qui s'applique. Pour une TPE, le risque dominant n'est pas là : c'est le client qui demande des garanties de conformité et qui écarte le prestataire incapable de les produire.
Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande sur les images générées

Faut-il signaler toutes les images générées par IA ?

Non. Seuls les hypertrucages — les contenus qui font passer pour authentique une personne, un lieu ou un événement réel — et les textes d'information d'intérêt public non relus sont visés par le § 4. Une illustration générée qui ne représente rien de réel n'entre dans aucun de ces cas.

Le marquage technique est-il à ma charge ?

Non, sauf si vous éditez vous-même le système de génération. Le § 2 s'adresse au fournisseur du système. C'est l'éditeur de votre outil qui doit marquer ses sorties.

Mes anciennes publications doivent-elles être reprises ?

Non. Les contenus générés et publiés avant le 2 août 2026 n'ont pas à être étiquetés rétroactivement au titre de l'article 50.

Une mention dans mes CGU suffit-elle ?

Non. Le § 5 exige une information claire et reconnaissable au plus tard lors de la première exposition au contenu. Une clause enfouie dans des conditions générales ne remplit pas cette condition.

Comment prouver qu'un texte a bien été relu par un humain ?

Par une trace : un nom de relecteur, une date, une version validée. L'exemption du § 4 suppose une responsabilité éditoriale réelle ; en cas de contrôle, c'est à vous de la démontrer, comme pour l'obligation de moyens de l'article 4.

Je suis hors Union européenne. Suis-je concerné ?

Le règlement s'applique en fonction du marché, pas du siège social. Si vos contenus sont diffusés à une audience située dans l'Union, ces obligations peuvent vous être opposées. Nous détaillons le cas suisse ici : mon entreprise suisse est-elle concernée par l'AI Act ?

Passer à l'action

Les mentions sont déjà écrites, et la frontière déjà tracée

Le pack de conformité contient 21 mentions de transparence prêtes à copier — dont celles du visuel généré, de la voix de synthèse et du texte assisté par IA — chacune accompagnée de la base légale qui la fonde et du cas où elle s'applique. Il contient aussi l'arbre de décision qui vous dit, pour un contenu donné, si le signalement est dû, recommandé par prudence, ou inutile. C'est exactement le raisonnement de cette page, en une page à suivre au doigt.

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69 € pour l'édition v2.3. L'édition du 2 décembre 2026, qui intègre les deux nouvelles pratiques interdites, passera à 99 € — les acheteurs de l'édition v2.3 la reçoivent gratuitement.

À lire aussi : mon chatbot doit-il annoncer qu'il est une IA ?, l'AI Act est-il vraiment reporté ? le modèle de registre des usages de l'IA, mon entreprise suisse est-elle concernée par l'AI Act ? et dois-je prévenir mes clients que j'utilise l'IA ? Les consultants qui déploient chez leurs clients disposent d'une licence dédiée.

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Le calendrier des échéances, sur une page A4

Les neuf dates de l'AI Act de 2024 à 2028 : ce qui s'applique, à qui, et ce que le report a réellement décalé. À imprimer et garder sous les yeux. Sources officielles citées.

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Article 50 — outil indépendant de préparation à la mise en conformité, non affilié aux institutions européennes. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les informations de cette page sont datées du 9 septembre 2026 et reflètent le droit en vigueur à cette date. Les passages présentés comme des interprétations ou des recommandations de prudence le sont explicitement.