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Registre des usages de l'IA : le modèle et ses dix champs

Les dix colonnes à créer, ce qu'on écrit dans chacune, et le champ que presque personne ne note — celui qui détermine l'échéance qui vous est réellement opposable.

Publié le 8 septembre 2026 · Mis à jour le 22 septembre 2026 · Lecture 6 minutes · Règlement (UE) 2024/1689, articles 4, 11, 12, 26 et 50
Le modèle

Les dix champs, et pas un de plus

Un tableur suffit — aucun format n'est imposé. Ce qui compte est que chaque ligne permette de retrouver une décision et sa date. Voici la structure, colonne par colonne, avec la raison d'être de chacune.

ChampPourquoi il y est
Nom de l'outilIdentifier sans ambiguïté, version comprise. « L'IA du service client » ne vaut rien dans six mois.
FournisseurC'est lui qui porte les obligations de l'article 50 § 2. Vous devrez peut-être l'interroger.
FinalitéUne phrase sur l'usage réel, pas la promesse commerciale de l'éditeur. La finalité conditionne la qualification.
UtilisateursQui s'en sert, dans quel service. C'est le périmètre de votre obligation de maîtrise de l'IA.
Mise en service chez vousPoint de départ de votre propre responsabilité de déployeur.
Mise sur le marchéLe champ décisif. Avant ou après le 2 août 2026 : c'est ce qui départage les échéances.
Qualification retenueDéployeur ou fournisseur ; haut risque ou non. Écrivez la conclusion et le raisonnement en une ligne.
Transparence applicable§ 1 (interaction), § 2 (marquage), § 4 (hypertrucage et texte d'intérêt général), ou aucune.
Mention en placeLe texte affiché et l'endroit où il l'est. Sans cette colonne, l'inventaire ne prouve rien.
Responsable et dernière revueUn nom et une date. Deux revues par an suffisent pour une petite structure.

Comptez dix minutes de remplissage pour une petite structure, et deux revues par an. Ce tableau existe en modèle prêt à remplir, avec une ligne d'exemple commentée et l'arbre de décision pour la colonne « qualification » — c'est le chapitre 08 du pack.

Ce que dit le texte

Où le règlement exige vraiment de la documentation

Trois dispositions imposent de tenir des traces. Aucune ne s'appelle « registre », et aucune ne concerne l'usage courant d'outils grand public.

DispositionQui est viséCe qui est exigé
Article 11Fournisseur d'un système à haut risqueDocumentation technique complète du système, tenue à jour et disponible pour les autorités.
Article 12Fournisseur d'un système à haut risqueEnregistrement automatique des événements — les journaux — pendant toute la durée de vie du système.
Article 26Déployeur d'un système à haut risqueSurveillance humaine, conservation des journaux générés, information des personnes concernées.
Article 4Fournisseur et déployeur, sans exceptionAssurer un niveau suffisant de maîtrise de l'IA chez les personnes qui l'utilisent. Aucun document n'est nommé.

Le haut risque, au sens des annexes I et III, désigne des usages précis : tri automatisé de candidatures, notation de solvabilité, IA intégrée à un produit soumis à des règles sectorielles de sécurité. Un chatbot de service client n'en relève pas. Le détail des annexes et de leur report.

L'article 4 est le seul qui vous concerne tous — et c'est lui qui change la donne

L'obligation de maîtrise de l'IA a été réécrite par le règlement (UE) 2026/1744 en obligation de moyens. Elle ne prescrit ni formation certifiante, ni document type. Elle vous demande d'avoir pris des mesures proportionnées.

C'est une bonne nouvelle et un piège. Bonne nouvelle, parce que rien de lourd ne vous est imposé. Piège, parce qu'une obligation de moyens se prouve par ce que vous pouvez montrer. En cas de contrôle, la question ne sera pas « avez-vous un registre » mais « qu'avez-vous fait ». Un inventaire daté, avec la liste des outils, leurs usages et qui les emploie, répond à cette question en une page.

Ce dernier point est notre interprétation, et nous l'assumons comme telle : le texte n'exige pas d'inventaire, mais nous ne voyons pas comment démontrer autrement des mesures proportionnées.

La vraie raison

Le champ que personne ne note, et qui détermine votre échéance

L'article 50 § 2 — le marquage technique des contenus générés, lisible par machine — ne s'applique pas encore uniformément. Il s'étend le 2 décembre 2026 aux systèmes de génération qui étaient déjà sur le marché avant le 2 août 2026.

Autrement dit : la date de mise sur le marché de chaque outil que vous utilisez détermine l'échéance qui vous est réellement opposable. Deux générateurs d'images côte à côte dans votre organisation peuvent relever de deux régimes différents selon leur ancienneté.

Sans inventaire, cette question est insoluble. Avec un inventaire à jour, elle prend cinq minutes — et vous savez lesquels de vos outils demanderont une vérification en décembre.

C'est là que l'inventaire cesse d'être un exercice administratif : il devient l'instrument qui vous dit ce que vous devez faire, et quand.
La question qu'on nous pose

Ce registre est-il obligatoire ? Non — et c'est justement pour ça qu'il compte

Non, pas en tant que tel. Le règlement impose une documentation technique et la conservation de journaux aux fournisseurs de systèmes à haut risque, et des obligations de surveillance à ceux qui les déploient. Il ne crée aucune obligation générale de registre pour une organisation qui se contente d'utiliser un assistant de rédaction, un chatbot de service client ou un générateur de visuels.

Beaucoup de prestataires vous diront le contraire. Ils vendent un logiciel de gouvernance. Nous préférons vous dire ce que dit le texte.

Mais l'absence d'obligation ne signifie pas absence d'utilité. Sans inventaire daté de vos outils, vous ne pouvez pas déterminer quelle échéance vous est opposable — et la prochaine, le 2 décembre 2026, dépend précisément d'une date que personne ne note.

Les trois erreurs qui vident l'exercice de son sens

Erreur 1 — ne lister que les outils « officiels »

L'inventaire qui ne recense que les abonnements payés par l'entreprise oublie l'essentiel : les comptes gratuits ouverts par les salariés eux-mêmes. Ce sont eux qui traitent vos données sans cadre. Commencez par demander, sans reproche, ce que chacun utilise réellement.

Erreur 2 — un document sans date

Un inventaire non daté ne prouve rien : il peut avoir été rédigé la veille du contrôle. Conservez les versions successives, même sommaires. La traçabilité de vos décisions vaut mieux que leur perfection.

Erreur 3 — confondre inventaire et registre RGPD

Votre registre des traitements répond à une autre question : quelles données personnelles, pour quelle finalité, combien de temps. Il ne dit rien de la qualification d'un système au sens de l'AI Act ni des obligations de transparence. Les deux documents se complètent ; l'un ne remplace pas l'autre.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande sur l'inventaire

Je suis seul dans mon entreprise. Dois-je vraiment faire ça ?

L'obligation de maîtrise de l'IA vise les personnes qui utilisent les systèmes pour le compte de l'organisation — vous compris. Pour un indépendant, l'inventaire tient en cinq lignes et se remplit en vingt minutes. Son intérêt principal n'est d'ailleurs pas le contrôle : c'est de pouvoir répondre à un client qui vous demande, dans un appel d'offres, quels outils d'IA interviennent dans sa prestation.

Faut-il déclarer ce registre à une autorité ?

Non. Aucune déclaration préalable n'est prévue pour un déployeur d'outils ordinaires. L'inventaire est un document interne, que vous produisez si on vous le demande — autorité de surveillance, client, assureur, auditeur.

Mon prestataire informatique me dit qu'il s'en occupe. Est-ce suffisant ?

Il peut tenir l'inventaire technique des outils qu'il a lui-même déployés. Il ne connaît ni vos usages réels, ni les comptes ouverts directement par vos équipes, ni les mentions affichées à vos clients. La qualification et la transparence restent vos obligations : elles ne se sous-traitent pas, même quand la saisie du tableau, elle, peut l'être.

Combien de temps faut-il conserver les versions ?

Aucune durée n'est fixée puisqu'aucun registre n'est exigé. Par analogie avec les délais de prescription applicables aux sanctions administratives, conserver cinq ans d'historique est une précaution raisonnable — et ne coûte rien pour un tableur. C'est une recommandation de prudence, pas une règle de droit.

Passer à l'action

Le tableau est déjà fait — chapitre 08 du pack

Le chapitre 08 du pack de conformité est ce registre en modèle prêt à remplir : les dix colonnes ci-dessus, une ligne d'exemple commentée, l'arbre de décision qui vous permet de renseigner la colonne « qualification » sans hésiter, et un temps de remplissage indiqué de dix minutes. Il fait partie des neuf modèles du pack, aux côtés des 21 mentions de transparence rédigées.

Obtenir le pack — 69 € Faire le diagnostic — gratuit

69 € pour l'édition v2.3. L'édition du 2 décembre 2026, qui intègre les deux nouvelles pratiques interdites, passera à 99 € — les acheteurs de l'édition v2.3 la reçoivent gratuitement.

À lire aussi : l'AI Act est-il vraiment reporté ?, mon chatbot doit-il annoncer qu'il est une IA ?, faut-il signaler les images générées par IA ? que dois-je faire avant le 2 décembre 2026 ? que puis-je exiger d'un prestataire qui utilise l'IA ? faut-il former ses salariés à l'IA ? et puis-je utiliser l'IA pour recruter ? Les consultants qui déploient chez leurs clients disposent d'une licence dédiée.

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Les neuf dates de l'AI Act de 2024 à 2028 : ce qui s'applique, à qui, et ce que le report a réellement décalé. À imprimer et garder à côté de votre inventaire. Sources officielles citées.

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Article 50 — outil indépendant de préparation à la mise en conformité, non affilié aux institutions européennes. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les informations de cette page sont datées du 8 septembre 2026, structure mise à jour le 22 septembre 2026 et reflètent le droit en vigueur à cette date. Les passages présentés comme des interprétations le sont explicitement.