Article 50 Conformité AI Act
Obtenir le pack — 69 €
Article 50 — Achats et sous-traitance

Mon prestataire utilise l'IA sur mes projets : que puis-je exiger ?

Commençons par ce que personne ne vous dira : l'AI Act ne vous donne aucun droit d'information sur les outils employés par votre prestataire. Ce droit n'existe que si vous l'écrivez au contrat. Et pendant ce temps, trois risques pèsent sur vous — pas sur lui.

Sources : règlement (UE) 2024/1689, art. 4, 50 et 99 ; règlement (UE) 2026/1744 · page du 10 septembre 2026
Les trois risques que vous portez
Risque 01 · Réglementaire
En publiant, vous devenez le débiteur
L'obligation de divulgation de l'article 50 § 4 — hypertrucages, et textes d'intérêt public publiés sans relecture humaine assumée — pèse sur celui qui met le contenu en circulation. Votre agence produit, vous publiez : l'obligation est la vôtre, exigible depuis le 2 août 2026.
Risque 02 · Patrimonial
Vous payez pour un actif qui n'existe peut-être pas
Un résultat purement généré n'est, selon l'analyse dominante en Suisse comme dans l'Union, protégé par aucun droit d'auteur — faute d'apport créatif humain. Il n'y a alors rien à vous céder : le logo que vous croyez posséder est libre de droits pour tout le monde.
Risque 03 · Confidentialité
Vos données sont peut-être déjà sorties
Un dossier, un fichier client, un contrat collé dans un service tiers pour « gagner du temps ». Rien dans l'AI Act ne vous en informe. Le manquement, lui, relève du droit de la protection des données et du secret d'affaires — et il vous concerne directement.
Le renversement à comprendre. Le débat public porte sur ce que doivent faire les prestataires. Dans les faits, le donneur d'ordre est celui qui publie, celui qui paie les droits et celui dont les données circulent. C'est donc lui qui a le plus à écrire dans le contrat — et presque personne ne le fait.
Le tri utile

Ce que vous pouvez exiger, et ce qui ne tient pas

Sept demandes reviennent dans les appels d'offres. Trois sont solides, deux sont solides à condition d'être bien rédigées, deux ne mènent nulle part.

Votre demandeSur quoi elle reposeVerdictComment la formuler pour qu'elle serve
La liste des outils d'IA employés sur la mission Contrat uniquement Solide Demandez la déclaration à la remise du livrable, pas à la signature : les outils changent en cours de projet.
L'interdiction de saisir vos données dans un service tiers sans accord écrit Contrat + protection des données Solide La clause la plus utile des sept. Précisez « y compris pour test, résumé ou traduction » — c'est là que ça passe.
La garantie d'une relecture humaine, avec sa trace Contrat ; utile pour l'exemption de l'art. 50 § 4 Solide Exigez un nom, une date, une version validée. C'est ce qui vous dispensera de divulguer un texte d'intérêt public.
La cession des droits sur le livrable Droit d'auteur À rédiger Une cession ne transmet que ce qui est protégé. Ajoutez donc l'engagement d'un apport créatif humain identifiable — sans quoi la cession porte sur du vide.
La mention de transparence à publier avec le contenu Contrat, pour exécuter votre obligation À rédiger Formulez-la comme une livraison attendue : « le livrable est accompagné, le cas échéant, de la mention requise ». Vous ne déléguez pas l'obligation, vous obtenez l'outil pour la remplir.
Une attestation « aucune IA utilisée » Contrat Déconseillé Indémontrable. Elle écarte les prestataires sérieux et sera signée sans réfléchir par les autres. Remplacez-la par une déclaration de méthode.
Que le prestataire « marque techniquement » les contenus livrés Art. 50 § 2 Hors sujet Cette obligation pèse sur le fournisseur du système de génération. Ni vous ni votre prestataire n'en êtes débiteurs. Ce que change réellement le 2 décembre 2026.
Le point que personne ne vérifie

Le livrable que vous achetez est-il seulement appropriable ?

La question est nouvelle et elle a une valeur d'argent. En Suisse, une œuvre protégée est une création de l'esprit à caractère individuel : cela suppose une activité créative humaine. L'analyse dominante en Suisse, en Allemagne et dans l'Union en tire la même conséquence — un résultat purement généré par une machine n'est pas une œuvre, et personne n'en détient les droits.

Le tribunal d'instance de Munich (Amtsgericht) l'a jugé le 13 février 2026 (réf. 142 C 9786/25) : trois logos obtenus par requêtes successives ne sont pas des œuvres protégées, faute d'apport créatif humain prépondérant sur la forme finale. Le tribunal précise ce qui ne suffit pas — la longueur et le soin apporté aux requêtes, et les retouches successives de couleurs ou de détails, qu'il qualifie de techniques et non de créatives. Il laisse ouverte l'hypothèse inverse : là où les choix créatifs de la personne dominent réellement le résultat, la protection redevient discutable. C'est une décision de première instance, allemande, sans portée contraignante hors de son cas — mais c'est l'une des premières du genre, et elle montre le raisonnement que suivent les juges.

Notre lecture, signalée comme telle. Aucune juridiction suisse ne s'est prononcée à ce jour, et la matière évoluera. Mais la conséquence pratique est déjà solide : si votre identité visuelle, votre slogan ou votre code doivent être exclusifs, exigez la trace de la contribution humaine plutôt que la seule clause de cession. Une cession de droits inexistants ne vous donne aucune exclusivité contre un concurrent qui obtiendrait un résultat voisin.

Cela ne veut pas dire qu'il faut refuser l'IA chez vos prestataires : un outil employé par une personne qui opère des choix créatifs, retouche et arbitre produit un livrable protégeable. Ce qui compte, c'est la démonstrabilité de cet apport — donc, encore une fois, la trace.

À insérer

Six exigences, dans l'ordre où elles vous protègent

Ces formulations sont des exemples de rédaction, pas des obligations réglementaires. Elles sont écrites du point de vue du donneur d'ordre et supposent d'être adaptées à votre contrat.

01 · Données
« Aucune information transmise dans le cadre de la mission — document, fichier, base, correspondance — n'est saisie dans un service d'intelligence artificielle tiers sans notre accord écrit préalable, y compris à des fins de test, de résumé ou de traduction. »
02 · Déclaration
« À la remise de chaque livrable, le prestataire indique les outils d'intelligence artificielle employés et le périmètre de leur usage. »
03 · Relecture
« Chaque livrable fait l'objet d'une relecture humaine dont le prestataire assume la responsabilité. Le nom du relecteur, la date et la version validée sont communiqués sur demande. »
04 · Apport créatif
« Le prestataire garantit que les éléments livrés destinés à un usage exclusif comportent un apport créatif humain identifiable, et en conserve la trace pendant la durée du contrat. »
05 · Transparence
« Lorsqu'un contenu relève de l'obligation de transparence de l'article 50 § 4 du règlement (UE) 2024/1689, le livrable est accompagné de la mention correspondante, prête à publication. »
06 · Sous-traitance
« Les engagements ci-dessus s'appliquent à tout sous-traitant du prestataire, qui en répond comme de ses propres actes. »

La sixième est celle qu'on oublie. Une agence respecte votre clause ; son pigiste, lui, n'en a jamais entendu parler.

Ce que font les acheteurs mal informés

Trois erreurs de donneur d'ordre

Erreur
Interdire l'IA au lieu de l'encadrer
Une interdiction pure et simple est invérifiable, et elle vous prive des prestataires qui l'utilisent bien pour ne garder que ceux qui ne le déclarent pas. Encadrer — données, relecture, trace — vous donne un contrôle réel.
Erreur
Croire que la conformité se sous-traite
Vous pouvez déléguer la production, jamais votre qualité de déployeur. Si vous publiez, l'obligation de transparence reste la vôtre — et pour vos propres équipes qui utilisent l'IA, l'obligation de maîtrise de l'article 4 est exigible depuis le 2 février 2025. Le premier document à produire.
Erreur
Signaler tout ce qui a touché à l'IA
Aucun texte n'impose de déclarer tout usage d'IA. Exiger une mention sur chaque livrable vous fait publier des avertissements inutiles, banalise ceux qui sont obligatoires et laisse croire à vos lecteurs que la loi le demandait. Ne signalez que ce qui relève du § 4 — hypertrucage, ou texte d'intérêt public publié sans relecture humaine assumée. Les cinq cas tranchés.
Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

L'AI Act m'oblige-t-il à savoir si mon prestataire utilise l'IA ?

Non. Le règlement ne crée aucun droit d'information du client sur les outils employés par son prestataire. Ce droit n'existe que si vous l'inscrivez au contrat. En revanche, dès que vous publiez le livrable, les obligations de transparence de l'article 50 § 4 deviennent les vôtres.

Puis-je devenir responsable d'un contenu produit par mon prestataire ?

Oui, dès lors que vous le publiez. L'obligation de divulgation des hypertrucages et de certains textes d'intérêt public pèse sur celui qui déploie le système et met le contenu en circulation, c'est-à-dire sur vous. Elle est exigible depuis le 2 août 2026.

Est-ce que j'acquiers les droits d'auteur sur un livrable généré par IA ?

Pas sur un résultat purement généré. L'analyse dominante en Suisse comme dans l'Union est qu'une création sans apport créatif humain n'est pas une œuvre protégée : il n'y a alors aucun droit à céder. Le tribunal d'instance de Munich l'a jugé le 13 février 2026 (réf. 142 C 9786/25) pour trois logos obtenus par requêtes — décision de première instance, non contraignante hors de son cas. Ce que vous pouvez exiger, c'est la trace de la contribution humaine.

Puis-je exiger une attestation « sans IA » ?

Vous pouvez la demander, mais elle a peu de valeur : elle est presque impossible à démontrer, et elle pousse un prestataire honnête à refuser la mission tandis qu'un autre la signera sans y penser. Une déclaration de méthode — outils employés, périmètre, relecture humaine assumée — vous protège davantage.

Mon prestataire doit-il marquer techniquement les contenus qu'il me livre ?

Non, ce n'est pas son obligation. Le marquage lisible par machine de l'article 50 § 2 pèse sur le fournisseur du système de génération. Le 2 décembre 2026 met fin au sursis accordé aux systèmes déjà sur le marché avant le 2 août 2026. Ce que vous pouvez exiger de votre prestataire, c'est la mention à publier avec le contenu. Qui doit quoi le 2 décembre.

Et mes données confidentielles transmises pendant la mission ?

C'est le risque le plus concret, et il ne relève pas de l'AI Act mais du droit de la protection des données et du secret d'affaires. Interdisez contractuellement la saisie de vos données dans un service tiers sans accord écrit : c'est la clause la plus utile des six.

Passer à l'action

Les clauses et la trace de relecture sont déjà rédigées

Le pack de conformité contient les clauses contractuelles à insérer dans vos contrats de prestation et de sous-traitance, le formulaire qui documente la relecture humaine, l'inventaire des outils employés et les 21 mentions de transparence rédigées avec leur base légale — celles que vous aurez à publier le jour où vous diffusez le livrable. C'est cette page transformée en documents opposables à un prestataire. Le sommaire complet, chapitre par chapitre.

Obtenir le pack — 69 € Faire le diagnostic — gratuit

69 € pour l'édition v2.3. L'édition du 2 décembre 2026, qui intègre les deux nouvelles pratiques interdites, passera à 99 € — les acheteurs de l'édition v2.3 la reçoivent gratuitement.

À lire aussi : quelle clause IA mettre dans un contrat de prestation ?, le même sujet vu du prestataire, le modèle de registre des usages de l'IA et le cas d'une entreprise suisse. Les consultants qui encadrent des prestataires chez leurs clients disposent d'une licence dédiée.

Gratuit
Le calendrier des échéances, sur une page A4

Les neuf dates de l'AI Act de 2024 à 2028 : ce qui s'applique, à qui, et ce que le report a réellement décalé. À imprimer et afficher.

Télécharger le calendrier
Article 50 — outil indépendant de préparation à la mise en conformité, non affilié aux institutions européennes. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les informations de cette page sont datées du 10 septembre 2026 ; les passages présentés comme notre lecture sont signalés comme tels.