Article 50 Conformité AI Act
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Article 50 — Ressources humaines

IA et recrutement : ce qui est déjà interdit, et ce qui attend 2027

La plupart des dirigeants croient l'inverse de la réalité. Trier des CV par IA n'est pas encore encadré par l'AI Act : cet usage relève du haut risque, reporté au 2 décembre 2027. En revanche, faire analyser les émotions d'un candidat ou d'un salarié par une IA est interdit depuis le 2 février 2025 — et cette interdiction relève du palier de sanction le plus élevé du règlement. Voici où passe exactement la frontière.

Sources : règlement (UE) 2024/1689, art. 5 § 1 f), art. 6 § 2 et annexe III, art. 99 ; règlement (UE) 2026/1744 · page du 10 septembre 2026
Les trois régimes à ne pas confondre
01 · Interdit — depuis février 2025
Inférer les émotions au travail
L'article 5 § 1 f) interdit les systèmes d'IA destinés à inférer les émotions d'une personne sur le lieu de travail et dans les établissements d'enseignement, sauf raisons médicales ou de sécurité strictement définies. Ce n'est pas une obligation à préparer : c'est une ligne rouge, exigible depuis le 2 février 2025, et le règlement Omnibus ne l'a pas modifiée.
02 · Reporté — 2 décembre 2027
Le recrutement et la gestion des travailleurs
L'annexe III classe à haut risque les systèmes utilisés pour le recrutement, la sélection, la promotion, l'affectation des tâches et la rupture de la relation de travail. Les obligations correspondantes — documentation, contrôle humain, évaluation de conformité — ont été reportées au 2 décembre 2027.
03 · Déjà exigible — quoi qu'il arrive
Maîtrise de l'IA et transparence
Le report du haut risque ne suspend ni l'article 4 — mesures de maîtrise de l'IA pour les personnes qui l'utilisent pour votre compte, depuis février 2025 — ni l'article 50 sur la transparence, depuis août 2026. Ni, bien entendu, le droit du travail et celui de la protection des données. L'obligation de l'article 4 en détail.
Le point que presque personne ne dit à un employeur. Pour une pratique interdite, c'est vous qui utilisez le système qui êtes directement engagé — indépendamment de ce que votre fournisseur vous garantit par contrat. Aucune clause ne transfère la responsabilité d'un usage prohibé. Et le palier de sanction est le plus élevé du règlement : jusqu'à 35 millions d'euros ou 7 % du chiffre d'affaires mondial, le montant le plus faible des deux étant retenu pour les PME.
Cas par cas

Sept usages RH, sept verdicts

La question n'est jamais « est-ce de l'IA ? » mais « qu'est-ce que le système déduit, et de quoi ? ». Un outil qui évalue des réponses n'est pas un outil qui lit un visage.

L'usageVerdictLe fondement
Analyser l'expression du visage ou la voix d'un candidat en entretien vidéo pour évaluer sa motivation ou son stressInterditInférence d'émotions dans un contexte de travail : art. 5 § 1 f), exigible depuis le 2 février 2025. L'entretien de recrutement relève de ce contexte.
Mesurer en continu l'« engagement » ou l'humeur des salariés à partir de leur caméra ou de leur voixInterditMême fondement. Le nom commercial — bien-être, climat social, engagement — ne change pas la qualification : ce qui compte est l'inférence émotionnelle biométrique.
Trier ou classer des candidatures par IAReportéHaut risque au titre de l'annexe III : obligations AI Act applicables au 2 décembre 2027. Le droit du travail et celui des données s'appliquent dès aujourd'hui.
Faire évaluer par IA une promotion, une affectation ou une rupture de contratReportéMême régime : la gestion des travailleurs figure à l'annexe III. À documenter dès maintenant, à mettre en conformité pour 2027.
Rédiger une annonce d'emploi ou une trame d'entretien avec un assistant d'IALibreAucune décision n'est prise sur une personne. Restent l'article 4 pour la maîtrise de l'outil et votre relecture, qui engage votre responsabilité éditoriale.
Faire répondre un agent conversationnel aux questions des candidatsSous conditionAutorisé, mais le candidat doit savoir qu'il s'adresse à une machine : art. 50, exigible depuis le 2 août 2026. La mention exacte à afficher.
Utiliser un test cognitif ou de compétences noté automatiquementÀ qualifierS'il contribue à la sélection, il entre dans l'annexe III et suit le régime reporté. S'il déduit un état émotionnel, il bascule dans l'interdit. C'est la finalité réelle qui tranche, pas la brochure.
Ce qu'on lit partout

Trois idées fausses coûteuses

Idée fausse
« Le report de 2027 couvre tous nos usages RH »
C'est l'erreur la plus chère de cette page. Le report ne concerne que les obligations propres au haut risque. Les interdictions de l'article 5 n'ont jamais été reportées, et elles visent précisément un usage RH : l'inférence des émotions. Un dirigeant tranquillisé par le report peut être en infraction sur le régime le plus sévère du règlement. Ce que le report a réellement décalé.
Idée fausse
« Notre fournisseur nous garantit la conformité »
Une garantie contractuelle est utile, mais elle ne déplace pas la responsabilité de l'usage. Pour une pratique interdite, c'est l'employeur qui déploie le système qui est engagé. Demandez à l'éditeur, par écrit, ce que son outil déduit exactement et de quelles données — c'est cette réponse qui vous protège, pas la mention « conforme AI Act » sur sa page d'accueil. Ce que vous pouvez exiger, et ce qui ne sert à rien.
Idée fausse
« Trier des CV par IA est illégal »
Non, et nous le disons même si cela nous ferait vendre plus de dire l'inverse. Cet usage est classé à haut risque, avec des obligations reportées au 2 décembre 2027. Ce qui s'y applique aujourd'hui relève du droit du travail et de la protection des données — information des candidats, base légale du traitement, encadrement des décisions automatisées — pas encore de l'AI Act.
Notre lecture, signalée comme telle. Le risque pratique pour une PME n'est pas d'être contrôlée sur son logiciel de recrutement : c'est d'avoir souscrit, sans y prêter attention, à une brique d'« analyse comportementale » vendue comme un avantage concurrentiel dans un outil RH par ailleurs banal. Nous conseillons de commencer par une question simple posée à chaque éditeur : votre système déduit-il un état émotionnel à partir d'une image, d'une voix ou d'un signal biométrique ? Si la réponse est oui, dans un contexte de travail, la discussion s'arrête là.
Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Puis-je utiliser l'IA pour trier des CV ?

Oui, à ce jour. Le tri et la sélection de candidatures relèvent de l'annexe III de l'AI Act — les systèmes à haut risque — dont les obligations ont été reportées au 2 décembre 2027 par le règlement (UE) 2026/1744. Le report porte sur les obligations de l'AI Act, pas sur le droit du travail ni sur la protection des données, qui continuent de s'appliquer à un tri automatisé.

Un outil qui analyse l'émotion d'un candidat en entretien vidéo est-il autorisé ?

Non. L'article 5 § 1 f) interdit les systèmes d'IA destinés à inférer les émotions d'une personne sur le lieu de travail et dans les établissements d'enseignement, sauf raisons médicales ou de sécurité strictement définies. Cette interdiction est exigible depuis le 2 février 2025 et n'a pas été reportée.

Qui est responsable : l'éditeur du logiciel ou moi ?

Les deux, à des titres différents — et pour une pratique interdite, l'employeur qui l'utilise est directement engagé. Une clause du contrat ou une assurance de conformité donnée par l'éditeur ne vous décharge pas de l'usage que vous faites de l'outil.

Quelle est la sanction pour une pratique interdite ?

C'est le palier le plus élevé du règlement : jusqu'à 35 millions d'euros ou 7 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu. Pour les PME, l'article 99 prévoit que c'est le montant le plus faible des deux qui s'applique. À titre de comparaison, les manquements à la transparence de l'article 50 relèvent du palier de 15 M€ ou 3 %.

Un outil de « mesure du bien-être » des équipes est-il concerné ?

La qualification ne dépend pas du nom commercial mais de ce que fait le système. S'il déduit un état émotionnel de données biométriques — visage, voix, expressions — dans un contexte de travail, l'interdiction s'applique quelle que soit l'étiquette. Un questionnaire déclaratif anonyme, sans inférence biométrique, est un autre objet.

Le report de 2027 me laisse-t-il tranquille jusque-là ?

Non, et c'est le contresens le plus coûteux. Le report ne touche que les obligations propres au haut risque. Restent exigibles aujourd'hui : les interdictions de l'article 5 depuis février 2025, la maîtrise de l'IA de l'article 4 depuis février 2025, et la transparence de l'article 50 depuis août 2026. Le report vous donne du temps pour documenter, pas pour ignorer.

Passer à l'action

La liste des interdictions à vérifier est déjà écrite

Le chapitre 05 du pack — « Les interdictions à vérifier immédiatement » — reprend chaque pratique prohibée de l'article 5 et la traduit en question à poser à vos outils et à vos éditeurs, celle de cette page comprise. Le chapitre 08, « Registre des systèmes d'IA — modèle à remplir », vous sert à enregistrer chaque outil RH et ce qu'il déduit ; le chapitre 09, « Politique interne d'usage de l'IA — texte complet », fixe ce que vos équipes peuvent faire. Le sommaire complet, chapitre par chapitre.

Obtenir le pack — 69 € Faire le diagnostic — gratuit

69 € pour l'édition v2.3. L'édition du 2 décembre 2026, qui intègre les deux nouvelles pratiques interdites, passera à 99 € — les acheteurs de l'édition v2.3 la reçoivent gratuitement.

À lire aussi : faut-il former ses salariés à l'IA ?, le modèle de registre des usages de l'IA et que dois-je faire avant le 2 décembre 2026 ? Les consultants qui mènent ces audits chez leurs clients disposent d'une licence dédiée.

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Le calendrier des échéances, sur une page A4

Les neuf dates de l'AI Act de 2024 à 2028 : ce qui s'applique, à qui, et ce que le report a réellement décalé. À imprimer et afficher.

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Article 50 — outil indépendant de préparation à la mise en conformité, non affilié aux institutions européennes. Ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les informations de cette page sont datées du 10 septembre 2026 ; les passages présentés comme notre lecture sont signalés comme tels.